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Le domicile de Maigret, une fin chez Fayard et les incohérences du texte 

SIMENON SIMENON. CAMBIAMENTO DI INDIRIZZO ALLA CHIUSA N° 1 
La residenza di Maigret, una fine da Fayard e le incoerenze del testo 
SIMENON SIMENON. CHANGE OF ADDRESS AT LOCK N°. 1 
Maigret's residence, an end at Fayard, and the inconsistencies in the text 



La scène a dû se passer au courant de l'été 1933. Simenon se trouve dans le bureau de Fayard, et la discussion est plutôt orageuse. L'éditeur vient de faire paraître le dix-huitième Maigret de la collection, L'écluse no 1. Le romancier a déjà réussi à lui faire publier cinq romans en dehors de cette collection: Le passager du Polarlys et Le relais d'Alsace, qui étaient encore très proches de la veine policièreLes fiançailles de M. Hire, le premier authentique "roman dur"; Le coup de lunepremier roman inspiré à Simenon par ses voyages autour du monde, tandis que La maison du canal reprend dans sa trame des souvenirs de jeunesse du romancier.  
Immergé dans cette nouvelle veine d'inspiration, Simenon est bien décidé à laisser tomber son commissaire, et cette décision fait l'objet de l'entrevue en question. On ne connaît pas la teneur exacte des mots échangés, mais, en compulsant ce qui en a été écrit dans les biographies, et ce que Simenon lui-même en a raconté dans ses écrits et ses interviews, on peut reconstituer le dialogue à peu près comme ceci: 
- J'abandonne la série Maigret. Maintenant, je me sens capable d'écrire des romans sans cadavres et sans policiers. 
- Le succès vous monte à la tête et vous vous imaginez que vous allez le retrouver en écrivant autre chose que des romans policiers.  
- Je n'ai plus besoin d'un fil conducteur. Je pense pouvoir écrire maintenant un vrai roman. 
- Vous êtes comme Conan Doyle qui voulait tuer Sherlock Holmes. Il a essayé d'écrire d'autres romans, et ça a été un désastre. Voilà ce qui vous attend. Croyez-moi, continuez dans le domaine pour lequel vous êtes fait: la littérature grand public ! 
Mais Fayard a beau insister, Simenon tient bon, et il se met à écrire une nouvelle série de "romans durs". Ce n'est que parce qu'un journal lui demandera de remettre en activité son commissaire, et sur l'insistance des lecteurs, que le romancier acceptera, en jurant qu'on ne l'y reprendra plus, d'écrire un dix-neuvième opus pour la série. Et, en parallèle, il signera son premier contrat avec Gallimard, bien décidé à changer d'écurie en même temps qu'il passe à une nouvelle étape. Air connu… 
Reste un point à éclaircir pour les simenoniens. Dans le roman L'écluse no 1, Maigret est sur le point de partir à la retraite, façon symbolique pour son créateur d'illustrer sa volonté de le mettre au rancart. Au chapitre 6, on le voit rentrer chez lui, où Mme Maigret est en train de préparer le déménagement dans leur maison de campagne. L'adresse de leur domicile à Paris est cité deux fois dans ce chapitre (c'est le seul endroit d'ailleurs dans tout le roman). Or, il se fait que dans l'édition originale de ce roman, la première citation donne "boulevard Richard-Lenoir", et la seconde "boulevard Edgar-Quinet". 
Michel Lemoine, dans son ouvrage Paris chez Simenonpose l'hypothèse suivante: "lorsqu'il a rédigé ce roman de Maigret, Simenon avait abandonné le commissaire depuis près d'un an; n'est-il pas concevable, dès lors, qu'après ce laps de temps, le romancier ait eu une défaillance de mémoire concernant le domicile exact de Maigret ? Peut-être se sera-t-il souvenu d'un boulevard, d'un prénom, d'un patronyme et aura-t-il choisi Edgar-Quinet, proche de Richard-Lenoir quand au nombre de syllabes et quant à la rime interne Edgar-Richard. Il est en outre vraisemblable que Simenon n'accordait alors guère d'importance à l'adresse du héros qui lui avait donné la célébrité puisqu'il se croyait fermement décidé, à l'époque, à l'abandonner définitivement." Et Lemoine d'ajouter cette pertinente remarque: "Ceci n'explique toutefois pas les deux adresses figurant dans le même chapitre de l'édition originale. On aimerait, devant une telle bévue, pouvoir consulter le manuscrit du roman, mais celui-ci semble bien irrémédiablement perdu." 
Ajoutons, pour l'anecdote, que dans le volume des Œuvres complètes chez Rencontre, l'éditeur, s'étant aperçu de cette erreur, l'a corrigée, mais dans le mauvais sens: les deux mentions sont "Edgar-Quinet", ce qui fait que dans les éditions ultérieures, ainsi que dans certaines traductions, on trouve cette étrange adresse attribuée au domicile de Maigret, ce qui n'a pas manqué de soulever bien des interrogations de la part des lecteurs attentifs… Dans les éditions Tout Simenon, puis Tout Maigret parues chez Omnibus, la correction a cette fois été faite en restituant l'adresse du boulevard Richard-Lenoir.  
Une dernière pièce est à verser au dossier. Ce roman a connu une édition en préoriginale dans le journal Paris-Soir, entre le 23 mai et le 16 juin 1933. Nous avons eu la curiosité de chercher, sur le site des archives de la Bibliothèque nationale française (http://gallica.bnf.fr), les anciens numéros de ce journal, et de contrôler quelles étaient les mentions de l'adresse du domicile de Maigret. Nous y trouvons, comme dans l'édition originale du roman, une première adresse, qui est boulevard Richard-Lenoir, et la seconde adresse est "Boulevard Edgard-Quinet" [sic!], orthographié avec un "d" à la fin de Edgar. Cette faute d'orthographe nous donnerait à penser que l'erreur est peut-être finalement à mettre sur le compte du typographe… Comment savoir en effet si l'édition originale a eu pour base le manuscrit de Simenon, ou la version donnée dans le journal ? Une question qui ne trouvera sa réponse que le jour où, peut-être, on retrouvera ce manuscrit… 

Murielle Wenger
Author: Maurizio Testa
Posted: November 12, 2016, 1:36 pm
L'ingente documentazione fotografica sullo scrittore ci pone alcune domande

SIMENON SIMENON. CULTE DE (SON) IMAGE OU BESOIN DE SECURITE
La considérable documentation photographique sur l'écrivain nous pose quelques questions
SIMENON SIMENON. CULTE OF HIS IMAGE OR NEED FOR HIS SAFETY
The extensive photographic documentation of the writer poses some questions for us





Quante foto dello scrittore abbiamo pubblicato nei quasi sei anni di vita di "Simenon-Simenon" ? Parecchie centinaia? Qualche volta ci saremo senz'altro ripetuti. Altre volte siamo ricorsi alla composizione di più fotografie, ma sempre partendo da fotografie del romanziere.
E questo perché ogni fase della sua vita é stata documentata, in un epoca in cui le macchine fotografiche erano nate da poco (gli apparecchi reflex debuttano alla fine degli anni '20). Le prime foto della sua vita parigina lo vedono già con la pipa, spesso vicino alla macchina per scrivere, ma, man mano che gli anni passano, le foto aumentano. La fase della letteratura popolare lo vede infatti in un numero relativamente contenuto di foto.
Talvolta al tavolo di lavoro, a volte nella sua casa a Place des Vosges. Ma la vera esplosione avvenne ovviamente quando diventò famoso. E' il "periodo Maigret" dove lo troviamo immortalato a firmare autografi, a navigare sui canali oppure ritratto nei posti più esotici durante i suoi viaggi intorno al mondo. Ma anche foto formato famiglia, con la prima moglie Tigy e il figlio Marc o insieme ai personaggi più vari da Arnaldo Mondadori a Josephine Baker, e ancora vicino al palazzone di Quai des Orfèvres o a passeggio per il lungo Senna.
Poi il periodo americano dove lo vediamo fotografato intento a guidare, a potare gli alberi, con una camicia a scacchi, con il cappellone a teste larghe, spesso accanto a Denyse, la sua seconda moglie, ma anche in party e situazioni più ufficiali.
E poi con il ritorno in Europa iniziano le copertine dei giornali, i reportage fotografici alle sue case, alla sua famiglia, l'evento del Festival del cinema di Cannes, di cui fu presidente della giuria nel '60. Insomma foto in tutti i luoghi, in tutte le pose, in compagnia o da solo. Mancano solo istantanee che lo riprendano a letto... Per il resto la pipa è un oggetto onnipresente. Se non è tra i denti, é tenuta in mano e se non è in mano é in qualche posto sempre all'interno dell'inquadratura. Se cercate foto di Simenon senza pipa dovrete scorrerne parecchie e il risultato sarà ben magro.
Ma come mai tante foto? A volte dal luogo, dalla sua posizione, dall'inquadratura, si ha la sensazione che avesse sempre un fotografo al seguito che potesse coglierlo nei momenti più disparati. E' chiaro che non poche di esse sono foto "posate", cioè non scatti presi a sua insaputa o al volo, ma riprese in cui il soggetto si mette in posa. Se così é, sorge la domanda: tutto questo era frutto di una sua vanità, di una sorta di culto della propria personalità? Oppure va scavato più a fondo e magari scoprire che le radici di questa sovraesposizione fotografica risiedono in un senso di insicurezza. E' nota infatti l'ansia di Simenon di tornare povero... il suo timore di regredire dalla sua condizione di successo e di fama... magari di finire barbone a vagabondare per le vie. Beh, il fatto di farsi fotografare potrebbe essere una reazione a questo, un modo di rassicurarsi, attraverso le immagini di sé catturate dalla macchina fotografica, e di fissare così il suo status di romanziere famoso, ricco e riconosciuto. Non solo testimonianza di quello che era, ma quasi uno specchio dove l'immagine svolgeva un'azione rassicurante e di conforto.
Una spiegazione che avrebbe meritato anche il parere specifico psicologico. Ma comunque anche se questa ipotesi fosse vera, andrebbe a sommarsi e a confondersi con il fenomeno tipico di un personaggio famoso come lui che era ovviamente bersaglio di fotografi che lo ritraevano in ogni dove.
Certo che, quale sia il motivo, tutto questo ha prodotto una documentazione fotografica copiosa e che permette a chiunque scriva del romanziere di trovare la foto in tema al taglio e all'argomento trattato per illustrare il proprio testo. E lo sappiamo bene noi che in questa sede non scriviamo d'altro! (m.t.)
Author: Maurizio Testa
Posted: November 11, 2016, 2:08 am
About the ups and downs of the friendship between these two writers 

SIMENON SIMENON. DARD ET SIMENON ETAIENT DE BONS AMIS…. 
Au propos des hauts et des bas dans l’amitié entre ces deux écrivains 
SIMENON SIMENON. DARD E SIMENON ERANO BUONI AMICI
A proposito degli alti e bassi nell'amicizia tra i due scrittori



Having compared Georges Simenon and Frédéric Dard as authors in two earlier posts, I was intrigued to learn details about their personal relationship in Pierre Assouline’s biography SimenonAlthough 18 years separated the men in age, Dard and Simenon became close friends in what seems to have been a protégé-mentor sort of relationship, which was much the way things were between young Simenon and the much older Gide. Founded upon mutual respect and sustained by their transatlantic correspondence, their bond only lasted about a decade, perhaps predictably. 
As a journalist and author, Dard had attended one of Simenon’s conferences just before World War II began and had become “one of his unconditional readers.” When he contacted Simenon about devoting an essay to the latter’s oeuvre, Simenon joined in willingly. I hasten to tell you […] I am entirely at your disposition.” 
After the essay was finished―it ended up in the wastebasket, perhaps a harbinger of things to come―Dard asked Simenon to intercede in his favor with Gaston Gallimard. Willing to help once again, Simenon contacted Gallimard in February 1945, citing a “talent” worthy of “serious” consideration. During the war period and after Simenon fled to America, the two communicated mostly through lettersSimenon found himself in the position of a “mentor” to his young [writing] colleague” whom he wanted to ‘help, propel, and encourage” because he was “convinced of his talent.” It was a two-way street, however, for Simenon solicited Dard’s opinions about his works as well. “I am more grateful for the opinions of young ones like you than the praises of the old critics.” 
By January 1947, “it was inevitable that they would end up working together.” Fascinated by The Snow Was Dirty, Dard suggested a theatrical adaptation. Together, they began writing a play “with four hands.” Yet, this was when their “first dissensions” came to light, fostered by the distance and growing number of intermediaries between themIn fact, although the play had been running since December 1950 and achieving “clear success,” Simenon did an about-face in February 1951. Despite earlier acknowledging “our collaboration and agreeing both men’s names should appear side by side on the script, he became “furious,” apparently blaming Dard, along with some others, for making “unforgiveable” changes from the novel without my consent. Although Simenon assured Dard they were still friends, Assouline comments that “nothing was ever as it had been before.” Indeed, when Simenon returned to France in 1952 and encountered Dard, who “had his hopes up” about seeing his friend again, Simenon “turned his back on him” and, without speaking to him, walked away, leaving Dard to “spend the night in tears.” When Dard confronted Simenon the next day, he managed to extract a private apology, but he went away, still bitter about his public humiliation. 
Having myself just finished another Dard novel (The Executioner Weeps) that strongly displays how much the romans de la nuit author had in common with the romans durs author, it was too bad to learn their friendship ended in such a way. 

David P Simmons
Author: Maurizio Testa
Posted: November 9, 2016, 11:45 pm

Parliamo dei racconti meno conosciuti  

SIMENON SIMENON. LES DEBUTS "ROUGE DESIR" DE L'ECRIVAIN 
Parlons des nouvelles moins connues 
SIMENON SIMENON: THE BEGINNINGS OF THE WRITER’S “RED DESIRE 
Let’s talk about some lesser known stories 


Simenon, è risaputo, all'inizio della sua carriera, vale a dire negli anni venti, scriveva sotto diversi pseudonimi; forse è meno risaputo che il settore in cui si contano  il maggior numero di racconti da lui scritti è quello della cosiddetta letteratura licenziosa. Si tratta di racconti di carattere grottesco e/o para-erotico che inducono il più delle volte al sorriso quando li si legge, non vi si trova mai nulla di pornografico, ma in realtà quasi mai neppure un vero riscontro erotico. Potremmo definire questa vena quella comica del giovane scrittore. 
Si parla quasi sempre di tradimenti (veri, presunti, fasulli, confessati, sospettati oppure mai consumati se non nella fantasia), si trova un'apprezzabile presa in giro della società dell'epoca di cui viene offerto uno spaccato interessante. Spesso i protagonisti sono barman di locali notturni che raccontano aneddoti sia di esperienze che hanno vissuto in prima persona oppure cui hanno assistito nei loro locali o storie di clienti che con essi si sono confidati. Ma altrettanto frequentemente i protagonisti sono uomini comuni con i loro piccoli difetti che vivono un'esistenza quotidiana, di solito noiosa, di cui Simenon cerca di narrare il lato più nascosto con la ricerca della donna dei sogni che li possa soddisfare sul piano sessuale. Inutile dire che ciò non avviene praticamente mai, neanche quando si tratta di professioniste ben pagate e conosciute nel settore. Proprio il grottesco di queste avventure caratterizza le storie narrate dall'autore. 
Gli pseudonimi più frequentemente utilizzati per questo genere di opere sono Georges Sim, Gom Gut e Luc Dorsan, ma si trovano anche pseudonimi che sembrano la parodia  di una firma come Poum et Zette e Plick et Plock. Le pubblicazioni che le contengono sono molteplici: tra le più importanti vanno segnalate le riviste Paris Plaisirs, le Rire, le Sourire e la Vie Joyeuse. Eloquenti i titoli dei racconti (spesso brevissimi), ne cito alcuni: "Griseries et voluptés", "Cuisses nues... jambes en l'air", 

"Mon gigolo", "Confidences d'une femme d'aujourd'hui", "Deux cocus et des cocktails", "La tour des soupirs", "L'homme qui voulait être cocu"... 
Vi sono poi raccolte di racconti intitolate, ad esempio, "Plaisirs Charnels", "Persevités frivoles", "Nuits des noces"... 
Insomma anche in questo campo probabilmente Simenon avrebbe avuto fortuna come scrittore del genere e dalle sue opere si sarebbero tratti film, detto ciò per nostra fortuna in seguito scelse di dedicarsi ad una letteratura più impegnata. 

Andrea Franco 
Author: Maurizio Testa
Posted: November 9, 2016, 6:54 am

Novembre 1931 – février 1932, Simenon séjourne et travaille sur la Côte d'Azur 

SIMENON SIMENON. ANTIBES, TRE MESI, TRE MAIGRET E DUE FILM 
Novembre 1931 – febbraio 1932, Simenon vive e lavora sulla Costa Azurra 
SIMENON SIMENON. ANTIBES, THREE MONTHS, THREE MAIGRET AND TWO FILMS 
November 1931 – February 1932, Simenon stays and works on the French Riviera 



3 novembre 1931. Après deux ans et huit mois de bons et loyaux services, Simenon se sépare de l'Ostrogoth, son fidèle bateau qui fut aussi le berceau de Maigret. Une nouvelle étape s'ouvre. Le succès des premiers romans parus chez Fayard, la première vente des droits cinématographiques, tout cela fait que le jeune romancier se retrouve soudain dans une certaine aisance matérielle, et qu'il a envie de franchir une nouvelle ligne. Pour cela, rien de tel que louer une villa au cap d'Antibes. Comme l'écrit Pierre Assouline, cela fait "très chic, l'hiver sur la Côte d'Azur". Simenon s'installe dans une villa aux murs rouges, baptisée "Les Roches-Grises", et il se prend au jeu de ce qu'il appelle lui-même sa période de "folie des grandeurs": "Il me fallut acheter une énorme Imperial Chrysler importée tout exprès des Etats-Unis" (in Destinées), "Tout fiérot du succès de mes Maigret et de la vente de mes trois films, j'ai loué une immense villa" (in Point-Virgule), "Je m'habillais chez un des meilleurs tailleurs de Paris et, le soir, je passais un smoking pour aller au Casino" (in Un homme comme un autre). 
Mais contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce n'est pas un période de farniente pour Simenon: levé tôt le matin, il écrit un chapitre pour un roman Maigret, puis le reste de la journée est consacré au travail avec Jean Renoir sur l'adaptation (scénario et dialogues) de La nuit du carrefour, puis avec Jean Tarride pour Le chien jauneLes soirées se passent dans des virées à Cannes ou à Nice. Ce qui ne l'empêche pas de  négocier en même temps un contrat avec son premier éditeur américain… Un rythme effréné, qui convient bien au jeune trentenaire décidé à dévorer la vie de tous les côtés… Mais un rythme qu'on ne peut cependant pas tenir sur la durée, et, dès février 1932, Simenon décide de chercher une maison au calme, un "home", comme Tigy l'écrit dans ses Souvenirs. Ce sera Marsilly… 
Que retenir de ces trois mois sur la Côte d'Azur ? D'une part, que c'est là que Simenon fait ses premières expériences dans le monde du cinéma, de l'autre côté de la toile, pourrait-on dire. Il y gagnera l'amitié de Jean Renoir, mais apprendra aussi à connaître tous les écueils qu'on peut rencontrer sur le projet d'un film. D'autre part, c'est à Antibes qu'il écrit trois Maigret, dont l'un a une résonance toute particulière: en effet, le premier roman que Simenon écrit en janvier 1932 est L'affaire Saint-Fiacre, dans lequel, pour la première fois, il éprouve le besoin de doter son personnage d'un passé, de souvenirs d'enfance, comme si, après une douzaine de romans de la série, il sentait qu'il fallait donner à son héros une certaine profondeur, creuser sa personnalité pour continuer sur sa lancée, et ne pas s'essouffler en restant dans une veine uniquement policière. Comme s'il était en train de chercher une nouvelle voie. Il est à noter en effet qu'après trois autres Maigret écrits en 1932, ce sera la coupure du voyage en Afrique, et c'est au retour de celui-ci que Simenon inaugure vraiment une période de rédaction de "romans durs". On peut aussi remarquer que le troisième de ces Maigret est Liberty Bar, qui, bien qu'écrit à Marsilly, situe son action en partie à Antibes, comme un dernier clin d'œil à la Côte d'Azur, alors que le romancier inaugure sa période de découvreur du monde, avant de succomber à une nouvelle "crise de snobisme" en louant un luxueux appartement à Neuilly…  

Murielle Wenger 
Author: Maurizio Testa
Posted: November 8, 2016, 12:07 am

Some information on the background for Simenon’s "Pedigree" 

SIMENON SIMENON. UN JEUNE ENFANT ET UN VIEUX COEUR 
Quelques informations sur le contexte du "Pedigree" de Simenon 
SIMENON SIMENON. UN FANCIULLO DAL CUORE ANTICO
Alcune informazioni sul contesto di "Pedigree" di Simenon

Marc Simenon was born in April 1939, 16 years after the marriage of Georges and Tigy. She had apparently been holding back from a pregnancy until “she judged that he was finally ready, that is to say, mature.” Oddly, irreligious Georges had the baby baptized as a precaution in case he married a Catholic someday. Simenon would later explain why he did not go to Marc’s marriage: he was afraid his first two wives would scratch each other’s eyes out upon meeting there. Another time, he offered a different explanation: “I detest marriage because I considered it inhumane. A monstrosity […] invented to hold people firmly on the right path.” For Simenon, the father, his “idolized more than adored” newborn represented “a way to ensure himself affection in old age.” Perhaps unwittingly, the timeline provided on the official Georges Simenon website (http://simenon.com/) further exposes this egotism: “Simenon used his Leica to capture his pride and happiness in being a father on film.” 
According to Assouline, Simenon had finally attained “inner harmony” in his life and “unsuspected well-being” with his child, but just a year and a half later, according to Simenon, there came a disruptive “pivotal moment” in his existence. This crucial episode began with a simple accident. Pain following a blow to his chest triggered an x-ray study that radiologist René Brémier interpreted as abnormal. Informing Simenon he had “an old man’s heart,” the doctor “totally forbid smoking, drinking, writing, and making love.” Simenon quoted the doctor as telling him: “I give you two years to live, provided you follow my prescriptions.” 
Stunned, Simenon considered himself “condemned” and lived “like a man on borrowed time” thereafter. He was not only concerned about himself; he was also worried about “little Marc” who was “destined to become a fatherless orphan in two years.” Thus, from Dec 1940 to June 1941, out of concern his son “would find nothing about me,” he wrote The Pedigree of Marc Simenon in the form of a long letter to him in an effort to provide information about his origins. 
Appropriately “obsessed with the state of his health,” Simenon consulted three or four other physicians over time, but perhaps inappropriately, or at least inexplicably, he did not accept their assurances of his good health. Actually, the Simenon timeline cited above suggests it was not until mid-April 1944 when he consulted with “two eminent specialists” (a cardiologist and a radiologist) that he finally came away “fully reassured” and “relieved” by the discovery the original diagnosis had been made “in error.” Imagine all those years of worry when his heart had been “perfectly normal” the whole time. 
Whether it was an “autobiographical reconstruction” or just “a romantic fiction,” Simenon nevertheless perceived he was “a man living on borrowed time.” Valid or not, this belief seemingly determined that The Pedigree of Marc Simenon evolved through I Remember on into Pedigree. Eventually published in 1945, this latter work, according to Assouline, is considered by many to be Simenon’s “masterpiece.” 

David P Simmons
Author: Maurizio Testa
Posted: November 7, 2016, 1:52 am
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SIMENON SIMENON. L'AGENDA DU COMMISSAIRE

Quelles sont les enquêtes menées par Maigret en novembre ?


SIMENON SIMENON. L'AGENDA DEL COMMISSARIO

Quali sono le indagini condotte da Maigret in novembre ?

 

SIMENON SIMENON. THE CHIEF INSPECTOR'S DIARY

Which are the investigations led by Maigret in November?




 

2 novembre. Ce billet anonyme est étrange. Marie vient de me réveiller, et je marche vers l'église, pour suivre la première messe. Si un crime est commis, qui pourrait bien être la victime ? (L'affaire Saint-Fiacre)

3 novembre. On vient d'appeler d'Ivry. Un drame a eu lieu chez les Lachaume, les fabricants de biscuits. Un souvenir d'enfance… Leur goût cartonneux, et ce matin pluvieux… Il y a des jours comme celui-ci où la perspective de la retraite me paraît finalement assez agréable… (Maigret et les témoins récalcitrants)


Novembre. Le vent souffle en tempête. Le télégramme m'annonce la venue à Paris du Letton. Une dernière pelletée de charbon dans mon poêle, et me voilà en route pour la Gare du Nord… (Pietr le Letton)


8 novembre. Je viens d'arriver à Concarneau, avec l'inspecteur Leroy. On a tiré sur un notable de la ville, et on a vu un étrange animal rôder dans les rues. Les gens ont peur, et la tempête n'arrange rien… (Le chien jaune)


Mi-novembre.  On a tiré sur Lognon, alors qu'il sortait d'une maison de l'avenue Junot. Mais qu'est-ce que le Malgracieux faisait chez la jeune Marinette ?! Et s'il avait été en train de surveiller la maison d'en face, où habite ce collectionneur de tableaux ?… (Maigret et le fantôme)


Novembre. On a découvert une jeune femme assassinée dans un immeuble de l'avenue Carnot. Qui a installé cette fille des rues dans ce luxueux appartement ? La femme de ménage m'a parlé d'un musicien qui serait l'amant de la victime, mais je me demande s'il n'y a pas quelqu'un d'autre… (Maigret se trompe)


19 novembre. Et voilà que Lognon a de nouveau fait des siennes ! C'est sa femme qui vient de me téléphoner, car son mari a soi-disant disparu, et des gangsters auraient pénétré chez elle. Dans quel pétrin le Malgracieux est-il encore allé se fourrer ?… (Maigret, Lognon et les gangsters)


24 novembre. Je n'y comprends rien… J'ai suivi cet homme depuis Bruxelles, à Neuschanz j'ai échangé nos valises, et à Brême, quand il s'en est aperçu, il s'est tiré une balle dans la tête. Et dans sa valise, il n'y avait qu'un vieux complet taché de sang, qui ne lui appartenait même pas… (Le pendu de Saint-Pholien) (by Simenon Simenon)

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PERCHE' NELLA VERSIONE DI SIMENON MAIGRET NASCE NEL SETTEMBRE DEL '29 A DELFZIJL?

E' ormai assodato che Maigret è stato costruito pian piano in vari romanzi prima del '29

POURQUOI DANS LA VERSION DE SIMENON, MAIGRET NAIT-IL EN SEPTEMBRE 1929 A DELFZIJL?
Il est désormais admis que Maigret a été construit petit à petit dans divers romans avant 1929
WHY IN SIMENON'S VERSION,  WAS MAIGRET BORN IN 1929 AT DELZFIJL?
It is accepted now that Maigret was built up bit by bit in various novels before 1929

Una versione per la stampa e per il pubblico? Certo contribuiva all'aura del personaggio una nascita letteraria un po' fuori le righe, in quella sosta per riparare la sua imbarcazione, a scrivere sulle rive del canale, con una cassa come sedia, una dove poggiare la macchina per scrivere, una per la bottiglia di vino, il tabacco, le pipe.... E quando nel bistrot a beveva qualcosa intravedeva fuori delle finestre, oltre alla luce del sole, una sagoma massiccia... cappello tondo...  pipa... Un'immagine confusa, sfocata ma che, come una matrice, impresse nell'immaginario di Simenon le caratteristiche del suo prossimo eroe. Poi sul fiume tra un "blanc" e una pipata, con le mani che correvano rapide sui tasti della macchina per scrivere, il personaggio prendeva una forma concreta.
Così Simenon accreditava la nascita del suo personaggio più riuscito, anche se ormai sappiamo che così non fu, perché il personaggio di Maigret e i suoi ispettori erano comparsi in precedenti romanzi: Train de nuit, La Jeune Fille aux perles, La Femme Rousse, La Maison de l'inquiétude... I ruoli non erano definiti, i caratteri non erano ancora maturati, mancava ancora quella svolta che fece dei Maigret una serie di un successo straordinario... ma le radici erano già nella terra...
A questa domanda, che gli fu posta da Francis Lacassin nel '75, Simenon rispose che "...erano dei semplici schizzi e soprattutto non considero quelle storie, non firmate con il mio nome, veramente appartenenti alla mia opera..."
E allora? Pensava che nessuno avesse letto quei romanzi? O che comunque un evento "fragoroso" come le Bal Anthropométrique avrebbe coperto tutto?
Ma come si sa, nella narrazione di Simenon alcune cose non sono reali, ma sono entrate di diritto nella leggenda  che lo segue e ormai sono tutt'uno con l'immagine dello scrittore e tra questi non poteva mancare la nascita di Maigret. (by Simenon Simenon)

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L'ENIGME DE MAIGRET


L'ENIGMA DI MAIGRET
Un piccolo gioco per i maigrettofili 
THE MAIGRET RIDDLE
A little game for the Maigret fans



Enigme no 9
L'inspecteur Janvier est un des personnages de la saga dont on connaît le plus de détails, en particulier sur sa famille, car on trouve dans les textes de nombreuses allusions à ses enfants (il en a quatre !). Sa femme apparaît aussi dans plusieurs romans, et on connaît même son prénom. Quel est-il et dans quel roman le trouve-t-on ? Un petit indice: c'est Maigret qui prononce ce prénom, alors qu'absent de Paris, il téléphone à Janvier pour lui demander un renseignement, et qu'il lui donne le bonjour pour sa femme… A vous de chercher ! La réponse la semaine prochaine dans ce magazine…

La soluzione dell'enigma no 8 
E' nel romanzo Maigret à New York che il commissario ritrova il capitano O'Brien, della Polizia federale, un uomo grosso, dai capelli rossi, con cui beve birra in un bar, poi degli aperitivi in un ristorante, del beaujolais mangiando un pollo al vino, concludendo il pasto con un armagnac e infine un whisky in un altro bar... Nulla di straordinario che, dopo tutto questo, il commissario sogni un gigante rosso... 
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Author: Maurizio Testa
Posted: November 6, 2016, 12:47 am

A propos de la parution du roman "L'écluse no 1" en feuilleton dans le journal "Paris-Soir" 

SIMENON SIMENON. LA CHIUSA N° 1 NEL CUORE DELLA STORIA… 
Si tratta de la pubblicazione del romanzo "La chiusa no 1" a puntata nel giornale "Paris-Soir" 
SIMENON SIMENON. THE LOCK  1 AT THE HEART OF HISTORY… 
About the publication of the novel "Lock No. 1" serialized in the newspaper "Paris-Soir "
  
En mars 1933, Simenon vient faire une escale dans sa maison de Marsilly, après un tour d'Europe, et avant de repartir pour découvrir la Turquie et la Mer Noire. En avril, il écrit ce qu'il pense être son dernier roman de la série MaigretL'écluse n° 1, dans lequel son commissaire est à deux doigts de la retraite. Le roman sera publié chez Fayard en juin, soit une année après le dernier Maigret paru chez le même éditeur (Liberty Bar). En effet, depuis lors, Simenon a réussi à faire accepter par Fayard les manuscrits de ses premiers "romans durs", dont quatre paraissent entre juin 1932 et mai 1933: Le passager du Polarlys, Les fiançailles de M. Hire, Le coup de lune, La maison du canal 
Mais, avant cette parution en volume, L'écluse n° 1 connaît une publication en préoriginale, dans le journal Paris-SoirLa parution commence le 23 mai 1933 et se poursuit jusqu'au 16 juin de la même année. Un avertissement publicitaire est fait une première fois le 20 mai, à la une, où l'on voit une photo d'une péniche abordant une écluse, et un texte qui annonce que la publication du "grand roman policier par Georges Simenon" débutera le lundi 22 mai. On remet ça le lendemain 21 mai, avec, en page 10, un premier extrait du roman, sous lequel paraît ce texte: "L'écluse n° 1 est le dernier roman de la célèbre série des «Maigret», le commissaire, héros de tant de romans fameux, et que l'écran a popularisé" 
Ironie du sort, dans le journal du même jour, paraît un article à propos de Hyacinthe Danse et Paul-Joseph Deblauwe, tous les deux inculpés d'assassinat, et anciennes connaissances de Simenon, qui est cité dans l'article en question: on dit de lui qu'il fut collaborateur au journal de Danse, Nanesse, une feuille de chantage. L'article ajoute que Simenon "rit aujourd'hui de ces étranges débuts, de cette collaboration accordée à deux hommes qui devaient, quelques années plus tard, être inculpés d'homicide volontaire". Peut-être Simenon en a-t-il alors effectivement ri, toujours est-il que quelques années plus tard il allait écrire le roman semi-autobiographique Les trois crimes de mes amis, qui parlait justement de Danse et Deblauwe… 
En attendant, le journal Paris-Soir du 22 mai, s'il promet une parution de L'écluse n° 1 pour le même jour, retarde celle-ci à l'édition du lendemain 23 mai, où débute réellement le feuilleton en page 11. La publication, comme dit plus haut, va se poursuivre jusqu'au 16 juin. Chaque parution est assortie d'un encart publicitaire proposant les autres titres de la série, mentionnant, par exemple: "Georges Simenon, Série des «Maigret», Le chien jaune, 6 fr., A. Fayard et Cie, Editeurs, Paris". Une fois tous les titres énumérés, les derniers numéros du feuilleton proposeront aussi les titres des "romans durs" parus chez Fayard.  
Deuxième ironie du sort: quand paraissent les deux derniers épisodes du feuilleton, dans le même journal est également publiée l'interview que Simenon, en tant qu'"envoyé spécial", a faite à Prinkipo, Chez Trotsky (sic)… 

Murielle Wenger
Author: Maurizio Testa
Posted: November 5, 2016, 7:35 am
Uno snodo fondamentale per la vita del romanziere appena stabilitosi in America

SIMENON SIMENON. AUJOURD'HUI À NEW YORK LA RENCONTRE AVEC DENYSE OUIMET)
Un tournant fondamental dans la vie du romancier, qui vient de s'établir en Amérique
SIMENON SIMENON. IN NEW YORK TODAY, THE MEETING WITH DENYSE OUIMET ?
A fundamental turning point in the life of the novelist, who has just established himself in America

Canadese del Quebec. Neanche 25 anni, una ragazza che sa il fatto suo. Decisa, ma fragile, un fascino tutto particolare. E' Denise Marie Pauline Françoise Ouimet. Per Simenon è la folgorazione. Il loro incontro, per motivi di lavoro (il romanziere cercava una segretaria-interprete visto che era appena arrivato in America e Denyse parlava sia il francese che l'inglese), sarà uno snodo fondamentale della vita di Georges, sia quella personale, ma anche quella letteraria.
Noi di Simenon-Simenon (e non solo noi) ne abbiamo scritto più volte del loro travolgente incontro iniziato con un colloquio di lavoro e finito in un letto. Un incontro il cui impatto si riverbera sulla produzione narrativa di Simenon, Trois chambres à Manhattan, che diverrà uno dei titoli più famosi dello scrittore. 
L'incontro tra i due innesca una miscela esplosiva. La passione di Georges sconfina con la gelosia, lei che lo asseconda nella sua sessualità, come mai Tigy aveva fatto. Denyse non solo rimane affascinata dall'uomo e dalla sua fama, ma intravede la possibilità di divenire il suo braccio destro, la sua assistente-amante, magari prima o poi insostituibile e forse chissà un giorno anche M.me Simenon.
Georges è senza difese. Subisce il fascino di quella donna giovane, lui che a più di quarant'anni ha già alle sue spalle una vita non comune. Famoso scrittore, inventore del popolare Maigret, ma raffinato romanziere coccolato da Gide e autore della scuderia Gallimard. Una brutta storia che lo insegue: quell'accusa di collaborazionismo con i nazisti, e la conseguente fuga in America. Sposato con la belga Tigy, con un figlio, Marc, e poi le leggende che si agitano come l'aria al suo passare, alcune vere altre no: l'uomo che fece innamorare Josephine Baker, l'autore che scrisse  un romanzo in una teca di vetro, lo scrittore capace di buttar giù ottanta pagine al giorno, l'uomo che cambiava casa come gli altri cambiavano il soprabito, il giornalista dei grandi reportage dai più sperduti luoghi esotici del mondo... Insomma anche Denyse aveva di che rimanere affascinata.
Dicevamo che la loro unione fu esplosiva. Per lei Simenon divorziò dalla prima moglie, anche se il loro matrimonio era ormai finito da anni. Lei lo assecondò nelle sue scorribande sessuali, sin dentro i bordelli. Lui spinto dalla gelosia volle che lei cambiasse il suo nome da Denyse in Denise... un modo per non chiamarla come i precedenti amanti l'avevano chiamata. Lei che, prima per necessità poi per protagonismo, man mano prese in mano tutte le relazioni esterne che il lavoro di Georges richiedeva, con editori, stranieri, produttori per diritti dei film dai suoi romanzi, con la stampa...  Lui, che pure era bravissimo a trattare i suoi interessi, la lasciava fare, come solo un'innamorato può permettere alla sua donna di prendere le redini dei propri affari.
E poi la famiglia. Denyse fu la madre di tre figli John, Marie-Jo e Pierre che rendeva felice lo scrittore che amava sentirsi contornato da persone che continuavano a ruotare intorno a lui, la prima famiglia (Tigy e Marc) la seconda (Denyse, John,Marie-Jo e Pierre) la sua femme de chambre storica Boule, una sorta di tribù che in vari periodi lo seguiva nei suoi continui spostamenti.
E poi la faccia nera di questa medaglia dorata. L'alcolismo prima e il precario equilibrio mentale di Denyse scombussolò non poco la vita di Simenon, lasciando dei rimpianti, delle cicatrici, anche delle battaglie legali... La fine della loro storia ebbe una brusca accelerata al ritorno in Europa e soprattutto negli anni sessanta, con Denyse che entrava e usciva dalle cliniche psichiatriche e con un deciso peggioramento fino all'ennesimo ricovero della donna che segnò nel '64 il suo definitivo abbandono di Georges e di tutta la famiglia. 
Fu un momento di crisi per Simenon che si ritrovò solo (i primi tre figli ormai grandi chi per lavoro e chi per studio non vivevano più con lui) e solo Teresa, entrata in casa Simenon come collaboratrice domestica lo sorreggeva diventando prima la sua compagna, ma poi anche il suo bastone della vecchiaia.
E tutto iniziò proprio il 4 novembre, a New York, poco più di settant'anni fa', quando, come scrisse Joyce Carol Oate, “...Simenon, il maestro dell’ironia... sopraffatto dalla sorpresa per quel che gli sta succedendo, soccombe a una romantica infatuazione di mezza età”. (m.t.)
Author: Maurizio Testa
Posted: November 4, 2016, 1:42 am
On the similarities between impressionist painting and Simenon’s literary output 

SIMENON SIMENON. SIMENON E L'IMPRESSIONISMO 
A proposito delle somiglianze tra la pittura impressionista e la produzione letteraria di Simenon  
SIMENON SIMENON. SIMENON ET L'IMPRESSIONNISME 
A propos des similarités entre la peinture impressionniste et la production littéraire de Simenon 



Simenon-Simenon recently featured a post by Murielle Wenger entitled ‘Ecrire comme un peintre’ (‘Writing like a painter’) in which she argues convincingly that in his use of colour and evocations of the effect of light, Simenon’s style reflects (a loaded term perhaps?) the techniques of the impressionist painters, an influence recognised on several occasions by the author himself. It is interesting to consider other similarities between impressionist painting and Simenon’s literary output. 
In their choice of subject matter, the impressionists, like Simenon, drew heavily on the everyday life of the moyenne and petite-bourgeoisie and the environments they depict are often urban landscapes (Sisley’s ‘Canal Saint-Martin’ and Pissarro’s ‘Le Boulevard Montmartre’), railway stations (Monet’s ‘Gare Saint-Lazare’ series), bars (Degas’s ‘L’Absinthe’), nightclubs and dance halls (Manet’s ‘Un Bar aux Folies-Bergères’ and Renoir’s ’Bal au Moulin de la Galette’), the guinguettes on the banks of the Seine (Renoir’s ‘Le déjeuner des canotiers’, Monet’s ‘La Grenouillère’) or seaside resorts and coastal and river ports (Monet’s ‘Jardin à Sainte-Adresse’ and ‘L’Hôtel des Roches Noires’, Pissarro’s studies of Dieppe, Rouen and Le Havre). All of these settings are familiar to readers of Maigret investigations such as Maigret et le corps sans tête,  Pietr-le-LettonLiberty BarLa Danseuse du Gai MoulinLa Guinguette à deux sous and Au Rendez-vous des Terre-Neuvas amongst others.  
A further similarity can be found in the working methods of the painters and the writer. The impressionists often painted in the open air to capture the ambiance of a scene, whereas their predecessors reserved the bulk of their work for the studio. Simenon’s first pulp novel Le Roman d’un dactylo was composed on the terrace of the café Au Rêve, the author claimed to have created the character of Maigret in a bar in the Dutch port of Delfzijl, the action of much of La Tête d’un homme’ takes place in Montparnasse below the windows of the Hôtel Aiglon, where Simenon composed the novel and the authenticity of the descriptions of Port-en-Bessin in La Marie du port owes much to the fact that Simenon wrote the novel while staying in the town at the Hôtel de l’Europe 
Like Simenon, who wrote most of his novels in about ten days with little preparation save a few notes scribbled on a yellow envelope, many of the impressionists worked very quickly and deigned to spend much time revising their work. In Simenon’s case, this sometimes led to careless inconsistencies such as Maigret’s apartment being located in the boulevard Edgar-Quinet in L’Ecluse no. 1, while in the case of the impressionists their hasty composition provoked the accusation that Monet’s ‘Impression, soleil levant’ was at most a sketch, and even supporters such as Zola, judged their work to have an ‘unfinished’ air.  
Both the impressionists and Simenon had an ambivalent attitude to the artistic and literary establishments. Manet, although regarded by the Impressionists as their spiritual leader never participated in their exhibitions, preferring to submit his works to the official Salon and urging others to do likewise. First Cézanne, followed by Renoir, Sisley, and Monet, abstained from the group’s exhibitions so they could present their canvases to the Salon. Simenon, although claiming to be indifferent to critical recognition, also secretly craved official acceptance and was bitter at never having been nominated for the Nobel prize. 
Yet there are also important differences. For some critics, much impressionist art is superficial, dealing only with visual experience and showing little interest in the lives and problems of real people, a charge that could never be levelled at Simenon. Moreover, impressionist paintings reflect an overwhelmingly optimistic world view, the viewpoint of a rising bourgeoisie, confident in the economic possibilities of capitalism with its attendant urban, industrial, scientific and intellectual advances. Simenon’s ideology, however, is shaped by the Great War, the rise of monopoly capitalism and socialism, and the economic recession of the 1930s. Within this context, Simenon’s own class of origin, the petite-bourgeoisie, felt its economic and social weight to be in decline and much of the author’s pessimism is related to this sense of a perceived existential threat.    

William Alder   
Author: Maurizio Testa
Posted: November 2, 2016, 11:34 pm
Analizziamo la composizione in capitoli delle inchieste

SIMENON SIMENONCOMMENT SONT DIVISES LES MAIGRET 
Analysons la composition en chapitres des enquêtes 
SIMENON SIMENONHOW THE MAIGRETS ARE DIVIDED UP 
Let's analyze the composition of chapters in the investigations 

Analizzando la struttura dei Maigret tramite l'intitolazione dei capitoli che compongono i romanzi e i racconti, si possono trovare tre diversi modi con sui viene effettuata l'introduzione alle varie parti narrative che compongono le inchieste: i capitoli infatti presentano o un titolo o un numero (arabo o romano) senza titoli oppure una frase introduttiva di carattere ironico che li introduce. 
Nello specifico su 75 romanzi la maggior parte (quaranta, rappresentanti oltre la metà: esattamente il 53,3%) presenta un titolo affiancato ad una numerazione per ogni capitolo; essi sono tutti i primi sedici romanzi della serie (il primo a non presentare nessun titolo è L'écluse N°1). Da questo punto in poi si alternano le inchieste con titolo o semplicemente con numerazione fino a Les mémoires de Maigret del 1950 in cui fa il suo debutto la frase introduttiva di carattere ironico che ho sopra menzionato. Questa tipologia si era già riscontrata nelle riuscitissime serie di racconti Les dossiers de l'Agence O e Le petit docteur. Sono caratterizzate da questo modus operandi sette inchieste, vale a dire il 9,5%, che sono posizionate tra la trentacinquesima ("Les mémoires", come detto) e la cinquantatreesima scritta ("Maigret voyage" -1957). Dopo tale data tutte le inchieste proporranno nuovamente o il titolo o solo il numero, i titoli scompariranno definitivamente a partire dalla sessantreesima opera ("Maigret se défend" del 1964).In totale sono 28 i romanzi con un titolo introduttivo ai capitoli (il 37,2%) 
Per ciò che riguarda i 28 racconti (incluso "Un Noël de Maigret") dodici presentano il classico numero divisorio, altrettanti non presentano nulla (principalmente sono i più corti, inclusi i primi nove scritti) e soltanto cinque hanno il titolo: La pipe de Maigret, Le témoignage de l'enfantde choeur, Le client le plus obstiné du mond, Maigret et l'inspecteur malgracieux e On ne tue pas les pauvres types
Per avere più di dettagli su questo argomento, potete consultare questo testo sul sito di Steve Trusselhttp://www.trussel.com/maig/chaptersf.htm 

Andrea Franco 
Author: Maurizio Testa
Posted: November 2, 2016, 6:05 am
Les dessous de l'Agence O ou comment Simenon remet un personnage en activité 

SIMENON SIMENON. TORRENCE TORNA 
I retroscena dell'Agence O o come Simenon rimette un personaggio in attività  
SIMENON SIMENON. TORRENCE RETURNS 
The hidden sides of the O Agency or how Simenon puts a character back in service 
  
Les lecteurs de Maigret le savent: l'inspecteur Torrence, dans le premier roman de la saga, Pietr le Letton, est tué à l'hôtel Majestic où il avait établi sa planque. Ce meurtre de Torrence par la plume de Simenon a pour conséquence qu'il n'apparaît plus du tout dans les autres romans de la période Fayard, et il faut attendre la période Gallimard pour le voir réintégrer l'équipe du commissaire. Le romancier a-t-il eu des remords d'avoir trucidé ce fidèle collaborateur de Maigret ? On est en droit de le penser, car ce personnage a eu longtemps la cote du Simenon auteur de romans populaires, qui l'a utilisé à maintes reprises.  
Torrence apparaît dans trois romans racontant les exploits de l'inspecteur Sancette: Matricule 12, signé Georges Sim et paru en 1932 chez Tallandier, dans lequel Sancette et Torrence travaillent sous les ordres du commissaire Lucas; L'homme qui tremble, signé Georges Sim et paru en 1930 chez Fayard; Les amants du malheur, signé Jean du Perry et paru en 1930 chez Ferenczi. Fayard publie aussi en 1930 deux romans signés Christian Brulls, L'inconnue, dans lequel le brigadier Torrence travaille avec le commissaire Lucas, et Train de nuit, le premier des "proto-Maigret", dans lequel Torrence apparaît en tant qu'inspecteur travaillant avec le commissaire Maigret. En 1931 paraît chez Fayard Les errants, signé Georges Sim, dans lequel Torrence est inspecteur, et entre 1931-1932 est publié en feuilleton, dans le journal "La Jeunesse illustrée"La maison des disparus, signé Christian Brulls, où cette fois Torrence a été promu commissaire. On le retrouve à ce grade dans Fièvre, signé Christian Brulls et paru en 1932 chez Fayard, où cette fois, c'est Lucas qui travaille comme inspecteur sous ses ordres. Torrence va encore apparaître dans deux "proto-Maigret" signés Georges Sim et publiés chez Tallandier, La maison de l'inquiétude en 1932 et La femme rousse en 1933. Il semble donc évident que Torrence est une figure importante des romans policiers de Simenon, et que, dès le début, le romancier a voulu en faire un adjoint de Maigret. Rien d'étonnant donc de le retrouver aux côtés du commissaire dans le premier roman "officiel" de la saga qu'est Pietr le Letton, mais on se demande bien pourquoi Simenon le fait mourir dans ce roman, à moins qu'il n'ait voulu accentuer par là le côté dramatique de ce meurtre d'un collaborateur très proche de Maigret… 
Quoi qu'il en soit, il semble bien l'avoir regretté, et c'est pourquoi, en attendant de le "ressusciter" dans les romans de la période Gallimard, il va le remettre en scène une
première fois, dans une nouvelle du recueil Le petit Docteur, rédigé en mai 1938, La bonne fortune du Hollandaisoù on retrouve Torrence en inspecteur travaillant avec le commissaire LucasEn juin 1938, Simenon écrit les nouvelles des Dossiers de l'agence O, et cette fois, s'il remet Torrence en activité, celui-ci n'est plus inspecteur de la PJ, mais il est devenu le directeur d'une "des plus fameuses agences de police privée du monde entier". Si Torrence est directeur "pour la façade" de l'agence, c'est en réalité Emile, "un long jeune homme roux" (le fantôme de Sancette n'est pas loin…) qui tire les ficelles. 
Néanmoins, ce retour de Torrence va permettre au romancier de renouer avec ce personnage, et, en 1939, il le replace aux côtés de Maigret dans la nouvelle L'homme dans la rue, avant de le faire réintégrer l'équipe des proches collaborateurs du commissaire dans Les caves du MajesticDésormais, Torrence a retrouvé sa place, et Simenon, par une dernière pirouette, justifie ce revirement dans Les mémoires de Maigret, où par la plume de son commissaire, il écrit à ce propos: "je crois que, quelque part, Simenon l'a donné pour mort à la place d'un autre inspecteur, effectivement tué à mes côtés, celui-là, dans un hôtel des Champs-Elysées", une excuse pratique pour expliquer le retour de Torrence sur la scène… Et, par un petit clin d'œil à ses fidèles lecteurs, Simenon poursuit: "il avait un terrible appétit de vivre en même temps qu'un sens des affaires assez peu compatible avec l'existence d'un fonctionnaire. Il nous a quittés pour fonder une agence de police privée, une agence fort sérieuse". Ultime manière de rappeler le souvenir des Dossiers de l'Agence O 

Murielle Wenger
Author: Maurizio Testa
Posted: November 1, 2016, 12:26 am
Some details about the next Penguin translation for Anglophones. 

SIMENON SIMENON. “MAIGRET EN MEUBLE EN ANGLAIS ARRIVE LE 3 NOVEMBRE 
Des détails sur la prochaine traduction de Penguin pour les anglophones.
SIMENON SIMENON.  MAIGRET  E L'AFFITTACAMERE" IN INGLESE ARRIVA IL 3 NOVEMBRE
Alcuni particolari sulla prossima traduzione della Penguin per il mercato anglofono


Maigret Takes Room, Penguin’s English translation of Simenon’s Maigret en meublé, will be available through Amazon.uk as of November 3, 2016. Both paperback and Kindle editions are expected. Preorder options already exist, so one does not have to ‘wait’ to get onboard. The prices are £7.99 and £4.99. The opportunity for delivery to the USA and Canada will appeal to some because inquiries to Penguin and Amazon to find out when the book will be available in the two countries have been non-productive. Judging from the past record on previous books in the series, it is likely to be many months. 
In contrast, this time at least, November 3rd is the release date for all the other sources worldwide, listed here in alphabetical order by country: Australia KindleBrazil Kindle; China paperback; France paperback and Kindle; Germany paperback and Kindle; India Kindle; Italy paperback and Kindle; Japan paperback and Kindle; Mexico Kindle; Netherlands Kindle; Spain Kindle. (An audio version from Audible.com is not yet visible on the horizon.) 
Maigret en meublé originally appeared in 1951, but the English translation Maigret Takes a Room did not first appear until 1960. Its translator was Robert Brain then, and now the translator is Shaun Whiteside. Be aware the ISBN-13 for this new edition is 978-0241206843. This work is the 65th in Simenon’s original order of publication and the 37th in Penguin’s modern series of translations. 
I enjoyed this book in particular for some unusual features: 1) One of Maigret’s closest working associates is gunned down during a stakeout. 2) The Chief Inspector takes over as the frontline investigator. 3) Madame Maigret makes no appearance in this story at all. 4) Maigret moves into the targeted boarding house. 5) The shooter extracts a special promise from Maigret, turns himself in, and confesses to other earlier crimes as well. Although forced to arrest him, Maigret does so with great reluctancethis being an example of a familiar posture. 

David P Simmon
Author: Maurizio Testa
Posted: October 31, 2016, 6:12 am
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MAIGRET SUR SCENE

Et si on adaptait des romans Maigret pour le théâtre ?


 MAIGRET SULLA SCENA

E se si adattasse dei romanzi Maigret per il teatro ?
 MAIGRET ON STAGE
What if Maigret novels were adapted for the theatre?



Maigret et les filles du cabaret - Dinard 2013
Liberty Bar, Les scrupules de Maigret, Maigret se trompe, Maigret et la vieille dame, Maigret au Picratt's: cinq romans qui ont connu une adaptation théâtrale, le premier en 1955, les deux suivants en 1960, le quatrième en 1965, et le dernier en 2012. Si Liberty Bar et Maigret au Picratt's (celui-ci sous le titre Maigret et les filles du cabaret) ont été représentés en français, Les scrupules de Maigret a été adapté en allemand (Maigret hat Zweifel), Maigret se trompe en espagnol (Maigret y el asesino de la rue Carnot) et Maigret et la vieille dame en anglais (Maigret and the lady).

Mais il y aurait sans aucun doute encore d'autres pistes à explorer sur les planches. Si une adaptation parvient à contourner les difficultés telles que les décors des rues parisiennes et les déambulations du commissaire à travers celles-ci, il y a matière à resserrer l'action autour des personnages, les confrontations entre les suspects et Maigret formant une part importante de l'intrigue.


Il va sans dire que certains romans pourraient se prêter mieux que d'autres à une version sur la scène. Pour notre part, nous verrions bien au théâtre Félicie est là, tant il est vrai que le "duel" entre la jeune fille et le commissaire est des plus savoureux. Mais pourquoi pas d'autres, comme Maigret et la Grande Perche, dont Claude Goretta, qui en avait signé l'adaptation pour la série avec Bruno Crémer, disait que c'était presque du Strindberg… La tête d'un homme, qui lui aussi est un duel entre Maigret et Radek, pourrait très bien faire l'objet d'une adaptation (la version de 1933 avec Harry Baur a d'ailleurs un côté assez théâtral, et pourquoi ne pas s'en inspirer…). Et Le chien jaune, dont une bonne part se déroule dans le cadre de l'hôtel de l'Amiral ? Et La nuit du carrefour, L'affaire Saint-Fiacre, La maison du juge, Maigret et le corps sans tête, ou Maigret hésite… tant de romans qui contiennent des scènes de "huis clos", si bien adaptables pour des jeux de scène entre personnages… Une veine à explorer, en dehors du cinéma, et à côté de la télévision… L'appel est lancé… (by Simenon-Simenon)

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 HAMILTON, A FRIEND AND A PUBLISHER

The English publisher released 54 Maigret novels from 1954 until 1980


 HAMILTON, UN AMICO E UN EDITORE

L'editore inglese ha pubblicato 54 romanzi Maigret da 1954 a 1980
HAMILTON, UN AMI ET UN EDITEUR

L'éditeur anglais a publié 54 romans Maigret de 1954 à 1980


In 1954, Simenon realized that he wasn't so satisfied with his English publisher Routledge, whose editorial policy he found to "scholar". So he looked for other publishers, and among those who got in touch with him, there was Hamish Hamilton, who spent three days in Lakeville to convince the novelist. As a good point, Hamilton was Raymond Chandler's publisher, and besides, he proved to Simenon that he knew his works well. The two men signed a contract, and later on they became friends. Hamilton suggested a promotional journey to Simenon, who came to England in October-November 1954.

Besides about 60 "romans durs", Hamilton published all the Maigret novels of the Presses de la Cité period, except for Maigret on Holyday, remained in Routledge ownership, before Penguin bought back the rights. The first two novels released by Hamilton were Maigret in Montmartre and Maigret's Mistake, both included in a single book, Maigret Right and Wrong (1954). Then the publishing was regularly two novels a year, in an order that was not the same as the original French publication order. At the end of the '70s, Hamilton also published two collections of short stories, Maigret's Christmas, Complete Maigret Short Stories and Maigret's pipe, and the publication adventure came to an end with the release of five novels of the Gallimard period (To Any Lengths was left apart, since Penguin had directly bought back the rights from Routledge), then, symbolically, the last two novels being published were those in which Maigret discovers American customs: Maigret in New York (1979) and Maigret and the coroner (1980).

 (by Simenon-Simenon)
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L' ENIGME DE MAIGRET

L'ENIGMA DI MAIGRET
Un piccolo gioco per i maigrettofili
THE MAIGRET RIDDLE
A little game for the Maigret fans



Enigma n° 8 - Questa volta in italiano !

Nei romanzi, Simenon racconta a volte un sogno fatto da Maigret, e questo sogno ci dice molto sul "tipo di procedimento"  del commissario. Gli elementi onirici hanno abitualmente un legame più o meno stretto con l'inchiesta in corso, o con un avvenimento che Maigret ha appena vissuto. In quale romanzo Maigret sogna di ritrovarsi in fondo ad un pozzo, nella cui apertura vede un gigante rossiccio che, sporgendosi in avanti, sorride fumando un enorme sigaro? Un piccolo indizio: la sera precedente Maigret ha un po' abusato del whisky in compagnia di uno dei suoi colleghi... Adesso tocca a voi scoprirlo! La risposta la settimana prossima in questo magazine...



The solution of the riddle No. 7

It's in the novel Lock N° 1 that Maigret, when he comes home at boulevard Richard-Lenoir, finds his wife preparing for the move to Meung-sur-Loire (the chief inspector is about to retire). Mme Maigret tells him she has received a phone call from the lady who takes care of their house: "As for the goat she was telling us about, it is not for sale, but its owner will give us its young if it has one this year." The kid certainly had have been born, since in Maigret, a novel in which the chief inspector is retired for two years, it is said that the house in Meung-sur-Loire "smelled of burn wood and goat's milk". 
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Author: Maurizio Testa
Posted: October 29, 2016, 11:09 pm

Les aventures éditoriales du recueil "Maigret et l'inspecteur malgracieux" 

SIMENON SIMENON. QUANDO LA SFORTUNA DELLO SCONTROSO PERSEGUE IL LIBRO... 
Le avventure editoriali del libro "Maigret et l'inspecteur malgracieux"
WHEN THE SURLY INSPECTOR'S BAD LUCK DOGS THE BOOK 
The publishing adventures of the book Maigret et l'inspecteur malgracieux 


La collaboration entre Sven Nielsen et Simenon prend une forme concrète en 1945, lorsque les Presses de la Cité publient le récit autobiographique Je me souviens. Vont suivre Trois chambres à Manhattan en 1946 et Au bout du rouleau en 1947. Nielsen, éditeur aussi avisé que l'était Gallimard, sait bien que la production simenonienne se vend mieux quand il s'agit des romans Maigret. Simenon a beau écrire des "romans durs" qui sont des chefs-d'œuvre, les enquêtes de son commissaire continuent à connaître des chiffres de vente plus conséquentsEt Nielsen ne peut faire autrement que de réclamer sa part dans ce domaine… Il propose donc à Simenon d'écrire de nouveaux romans mettant en scène le policier de la PJ, et il lui suggère d'inclure le nom du personnage dans le titre, ce qui à la fois établit une distinction avec les romans Maigret de la cuvée Fayard et ceux publiés par Gallimard, et avec les "romans durs", et en même temps donne une sorte de "label" à la nouvelle collection Maigret 
Celle-ci est inaugurée par un volume double, qui contient une nouvelle inédite, écrite peu avant le départ de Simenon en Amérique, La pipe de Maigretqui donnera son titre au livre, et le court roman que lui avait demandé Pierre Lazareff pour son nouveau journal France-SoirMaigret se fâche. Le volume parait en juillet 1947, suivi de près par Maigret à New York. En août paraît un "roman dur"Lettre à mon juge, et on peut imaginer que Nielsen se verrait bien alors publier un Maigret en alternance. Mais Simenon n'a encore rien à lui proposer dans ce domaine, car il est entre deux rédactions de "romans durs"… Une solution se dessine cependant: entre avril et août 1946, le romancier avait écrit quatre nouvelles mettant en scène MaigretLe témoignage de l'enfant de chœur, Le client le plus obstiné du monde, Maigret et l'inspecteur malgracieux et On ne tue pas les pauvres types. Pourquoi ne pas en faire un recueil et le publier dans la collection Maigret ? L'idée est retenue, et lvolume sort en octobre 1947. Dans la nouvelle qui lui donne son titre, Maigret et l'inspecteur malgracieux, les lecteurs découvrent l'inspecteur Lognon, celui que ses collègues ont surnommé lMalgracieux, "parce qu'il était toujours d'une humeur de chien", dit le texte. Mais on apprend aussi que Lognon a peut-être quelques raisons de se montrer hargneux, car la malchance s'acharne sur lui. Et ceci est tellement vrai, que cette malchance dépasse le cadre de l'intrigue de la nouvelle pour s'abattre aussi sur la publication du roman… 
En effet, le volume ne va pas paraître sous le titre original voulu par Simenon. Selon les uns, c'est la faute d'un "linotypiste distrait" qui aurait changé "malgracieux" en "malchanceux"; selon les autres, le premier terme aurait paru "impropre et saugrenu" et on l'aurait donc remplacé par le second. A moins peut-être que l'on ait jugé que Lognon était finalement plus malchanceux que malgracieux, comme le texte lui-même le suggère. Quoi qu'il en soit, le roman, dans son édition originale, porte le titre Le commissaire Maigret et l'inspecteur malchanceuxet le mot "malgracieux" est également remplacé dans le texte. Simenon n'est évidemment pas content, et, en 1951 (alors qu'il est en train d'écrire Maigret, Lognon et les gangsters), il envoie une lettre à Doringe, sa correctrice attitrée, lui demandant de vérifier le texte, et à Sven Nielsen, le priant de faire la correction pour la prochaine réédition. Hélas, pour une raison qu'on ignore (la demande est-elle arrivée alors que le tirage avait déjà été fait ?), la couverture porte encore la mention Maigret et l'inspecteur malchanceux. Le texte, par contre, a été corrigé…presque partout: sur la petite dizaine de mentions de ce surnom, le mot "malchanceux" est encore mis à la place de "malgracieux" dans un cas. Ce n'est qu'en 1954 que le titre d'origine sera enfin rétabli sur la nouvelle couverture de la réédition.  
Cette malchance qui poursuit Lognon et cette nouvelle aura une autre conséquence. Les premières éditions de la collection Maigret portaient sur le dos de leur couverture un court texte introductif signé Doringe. Et lorsque le titre original fut enfin rétabli pour ce volume, le texte de la quatrième de couverture dut lui aussi être réécrit. Si la première version commençait par ces mots "voici [Maigret] aux prises avec l'inspecteur malchanceux", la seconde débutait ainsi: "Pauvre Lognon ! Si malgracieux parce que si malchanceux ! Si malchanceux parce que si malgracieux !" Finalement, Doringe aura eu raison de noter que Lognon est aussi malchanceux qu'il est malgracieux, comme les romans où il apparaîtra par la suite le montrerontD'ailleurs, Simenon lui-même n'écrit-il pas, dans Maigret et le fantôme: "Certains l'appelaient l'inspecteur Malgracieux, à cause de son air grognon. Maigret, lui, l'appelait l'inspecteur Malchanceux, et on aurait dit, effet, que le pauvre Lognon avait le don d'attirer sur lui tous les malheurs."… 

Murielle Wenger
Author: Maurizio Testa
Posted: October 28, 2016, 11:06 pm
On Gide’s important role in Simenon’s life and career 

SIMENON SIMENON. GIDE ET GEORGES 
À propos du rôle important de Gide dans la vie et la carrière de Simenon 
SIMENON SIMENON. GIDE E GEORGES
L'importante ruolo di Gide nella vita e nella carriera di Simenon


The author André Gide had major, direct influence on Georges Simenon from 1935 to 1951According to Pierre Assoulinehe “played a significant role” in Simenon’s “short- and medium-term evolution.” Indeed, in the 12 pages of the Index of Names Cited at the end of the 900-page biography Simenon, Gaston Gallimard is the only person with more listed page numbers than André Gide. 
In 1935, because the 66-year old Gide wanted to meet the 32-year old Simenon, Gallimard arranged their introduction at one of his annual cocktail parties. Although he had read but little Simenon,” Gide then “bombarded him for one hour with questions” of a “very literary” nature demanding the sort of “introspection” into his writing that Simenon specifically hated. 
After this abrupt and aggressive beginning, Gide was not going to stop reading, sampling, and commenting on Simenon.” As a warm and enthusiastic Gide gave feedback on Simenon’s works extensively and, in turn, Simenon “solicited his advice more and more often,” a lasting relationship developed. “From the first meeting” on, Simenon had someone who “helped him embark on his career and find his way because Gide “stayed right beside him, dispensing criticisms and encouragements.” Though they were often apart and had to rely on letter writing, advice, opinion, and direction were what Simenon came to expect of Gide. 
By 1940, Simenon suggested he needed the whip” or the club of “a Gide” to continue publishing. Having the “indispensable friendship of Gide” and “an admirer with the importance of Gide” likely facilitated his boast: Great minds say there are two great writers in this country: Gide and me.” Perhaps as well, this quasi-mutual admiration society explained Gide’s statement that Simenon was a great novelistthe greatest perhaps and the truest novelist that we have in French literature today. Some boost for a novelist only 36 years old at this time! 
During Gide’s final years of life from 1946 to 1951, Simenon addressed him as “Master.” Perhaps, this was because Gide served as “one of the rare ones, if not the only one, to whom he opened up about his conception of love and the nature of his relationships with women” (curious given their differing sexual orientations). Additional topics discussed rarely with others included evocations of his brother Christian (“the cadaver in the closet”); thoughts about criticism and critics; analysis of his personal writing system; and opinions on recent readings. In fact, “the more Simenon isolated himself from the world, the more he needed Gide.” 
In 1960, Simenon observed: I believe that, all his life, Gide dreamed of being a creator rather than a moralist or philosopher. I was exactly his opposite and I believe that’s what interested him [in me].” In 1973, a full 22 years after Gide’s death, Simenon attested: “Gide provided me with something enormous, which was confidence in myself. For I never basically believed in the importance of what I was writing […] Gide helped in giving me the feeling that, despite everything, what I was doing had a certain usefulness.” 

David P Simmons 
Author: Maurizio Testa
Posted: October 28, 2016, 4:24 am
Una nuova raccolta di tre racconti tratti dalla serie dell'Agence O
SIMENON SIMENON. L'ETRANGLEUR DE MORET
Une nouvelle collection de trois histoires de la série "Agence O"
SIMENON SIMENON. THE STRANGLER OF MORET
A new collection of three stories in the series "O Agency"

E' di scena di nuovo l'Agence O. Infatti i tre racconti, raccolti sotto il nome di Lo strangolatore di Moret, ha per protagonista quell'agenzia d'investigazioni a cui capo c'è l'ex ispettore di Maigret, Torrence. Gli altri due sono L'arresto del musicista e Il vecchio con il portamine. In libreria dalla settimana scorsa, fa parte della collana "Gli Adelphi" ed è disponibile anche in versione ebook.
Nelle tre inchieste Torrence, un po' diverso da quello che abbiamo imparato a conoscere in Quai des Orfèvres, indaga in coppia con l'arguto Emile, una mente fine e a volte geniale.  I due risentono dell'atmosfera maigrettiana anche se il tipo di indagini è un po' diverso. Simenon  scrisse una quindicina di questo racconti nel '38 pubblicati poi con Gallimard. Era il periodo in cui, terminata la prima serie dei Maigret di Fayard, si dedicava ai romans-durs. Maigret sarebbe tornato di li a poco, ma in quel momento Simenon considerava chiusa la parentesi Maigret, come un ponte che l'aveva portato dalla letteratura popolare a quella vera e propria. 
Author: Maurizio Testa
Posted: October 27, 2016, 12:35 pm
Sulla tecnica e sull’arte dello scrittore
SIMENON SIMENON. SIMENON, LE GENIE POETIQUE 
Sur la technique et l'art de l'écrivain 
SIMENON SIMENON. SIMENON, THE POETIC GENIUS 
On the writer's technique and art 



Molto si è parlato negli anni di Georges Simenon come scrittore prolifico, cantore della piccola borghesia e delle sue contraddizioni, arguto intrattenitore e creatore del commissario Maigret. Meno invece si è dibattuto sulla tecnica e sull’arte dello scrittore che emerge, simile e diversa, nei suoi romanzi. 
Se nei romanzi ‘gialli’ di Maigret l’intrattenimento è sostanza ma soprattutto pretesto per scavare nelle contraddizioni dell’animo umano – nei ‘romanzi duri’ (come egli stesso definiva i suoi romanzi ‘letterari’) l’approfondimento psicologico di anime tragiche e perdute è la sostanza principale atta a nascondere i meccanismi di suspense che tengono il lettore con il fiato sospeso. 
Per mostrare questi meccanismi, o almeno alludervi distrattamente, indicandoli da lontano come un oggetto sfuggente non identificato – è utile analizzare una delle opere meno acclamate di Simenon, il romanzo I complici.  
Qui la trama, come spesso accade nei ‘romanzi duri’ è abbastanza semplice: un rispettabile uomo sposato, alla guida di una Citroën, amoreggia in macchina con la propria segretaria. Proprio all’apice del flirt la macchina sbanda e provoca un incidente, causando la morte di decine di bambini. Il resto del romanzo è incentrato sui pensieri, sul rimuginare psicologico del protagonista, sullo sviluppo degli eventi costantemente riflessi nei suoi occhi, sulla figura femminile di Edmonde, dipinta come ‘bestia’ e al contempo come ‘automa’, come fuoco primordiale e ghiaccio bollente, e come unico motivo di resistenza alla banalità. 
Ma ciò che ben si può notare nella narrazione, nelle pause, nel ritmo, nelle precise scelte lessicali, è la disciplinata strategia dei crescendo, delle svolte, dei bassi e dei picchi che l’autore adopera scientificamente.  
Nei ‘Maigret’ la narrazione è veloce: basata su dialoghi scattanti ed essenziali, su descrizioni che si esautorano nel giro di tre righe, e su colpi di scena che appaiono in una parola (sempre la parola giusta al momento giusto). E non basta: l’atmosfera viene creata con rapide pennellate, tanto che tre aggettivi ‘giusti’  bastano a imprimere indelebilmente un personaggio nell’immaginario del lettore. Lo stesso per l’atmosfera che cresce a tratti, tra un dialogo e l’altro, con descrizioni saltuarie e sempre fugaci, ma sempre inesorabilmente ‘giuste’. 
Nei ‘romanzi duri’ la strategia rimane sostanzialmente la stessa, ma tutto si dilata: le descrizioni occupano pagine, ma girano sempre nello spazio di frasi ‘esatte’ (lunghe quanto basta) e vengono interrotte da punti che sembrano macigni, a terminare un ragionamento necessario. Anche i colpi di scena seguono lo stesso criterio: non avvengono più nello spazio di una parola, ma nello spazio di alcune righe, perdendo il loro carattere nominale di ‘colpo di scena’ e diventando così ‘atmosfera’, una diversa atmosfera che colpisce come un improvviso cambio di temperatura. 
Ci vorrebbero forse pagine per provare a descrivere le note, le tattiche musicali che Simenon adopera puntualmente nei suoi romanzi.  Ma il fattore essenziale che risulta emergere dalla scrittura simenoniana è proprio questa stretta corrispondenza tra filosofia del contenuto ed esecuzione dello stile. L’idea di artigianato e di narrazione ‘reale’ corrisponde a una esplicazione che, nella scelta giusta delle parole chiave, cerca di aderire alla realtà in maniera più attinente possibile, sia per contenuti che per descrizioni che per ritmi.  
Si sente l’ansimare degli amanti nella punteggiatura di Simenon; si sente il lento logorio della routine nelle descrizioni addormentate e trasognanti; si sente il tragico evolversi degli eventi nelle svolte improvvise e nei cambi di temperatura; si sente il vuoto dell’esistenza nelle atmosfere, nel modo in cui l’autore ci scaraventa in faccia i suoi personaggi e il loro tragico destino. 
Uno scrittore belga che sembra tanto un greco antico nel dipanare la sua anima sul foglio. Un Maestro che ci sbatte in faccia, così come l’abbiamo creata, una realtà distratta che non ci piace per niente.  
E lo fa con quelle parole che ci spezzano le gambe.  
E inseriscono Georges Simenon nel firmamento poetico di quei cantori che ci hanno fatto emozionare...  
E a volte anche morire. 

Fabio Cardetta
Author: Maurizio Testa
Posted: October 26, 2016, 11:27 pm
Quelques réflexions sur les raisons pour lesquelles Simenon a donné beaucoup d'interviews 

SIMENON SIMENON. SIMENON E LE INTERVISTE: NAUSEA O NECESSITÀ ? 
Qualche riflessione sul perchè Simenon ha concesso molte interviste 
SIMENON SIMENON. SIMENON AND INTERVIEWS: DISGUST OR NECESSITY? 
Some reflections on the reasons why Simenon gave many interviews


Octobre 1971. Simenon vient de terminer son roman Les innocents (il ne le sait pas encore, mais ce sera son dernier "roman dur"…), et il reçoit la visite du journaliste André Blanchoud, qui vient l'interviewer pour le journal suisse L'Illustré. Une fois de plus, le romancier se plie au jeu des questions-réponses, et détaille sa "méthode" d'écriture: le panneau "do not disturb", les annuaires téléphoniques, l'enveloppe jaune sur laquelle il note les coordonnées de ses personnages et le plan de leur demeure, la recherche d'un titre pour le roman, le romancier qui se met dans la peau de son personnage, la frappe sur la machine à écrire pendant deux heures et demie, au bout desquelles il est en nage… bref, comme le dit un intertitre de l'article, un "mécanisme parfait", qui doit permettre au travail de création de s'accomplir… Ce genre d'interview, Simenon en a donné des dizaines et des dizaines, et pourrait-on dire jusqu'à l'écoeurement ?  
Comme il le notait une dizaine d'années plus tôt dans un cahier de Quand j'étais vieux: "Tous les trois ou quatre mois, nous ouvrons ainsi la porte aux journalistes, en série. Ce sont presque toujours des gens sympathiques, intelligents à première vue, et peut-être le sont-ils réellement. Qu'ils viennent de Finlande, d'Allemagne ou d'Italie, ils ont l'air d'essayer de comprendre. Ils écoutent, prennent des notes, affirment qu'ils feront "différent", qu'ils feront "vrai". […] La légende a été établie, une fois pour toutes, et quoi que je fasse, quoi que je dise à ceux qui m'interviewent, c'est cette légende qu'ils publieront. Peu importe ce que je leur ai raconté […]. Peu importent les documents que je leur ai montrés. Peu importe qu'ils aient juré de faire vrai […]. L'article sera le même, les photos aussi, avec les mêmes erreurs. Car ils estropient […] les titres des romans cités. Et, s'il est question de chiffres, ils les multiplieront par cinq, par dix, quand ce n'est pas par cent. […] Pourquoi les recevons-nous […] ? Pas pour des raisons publicitaires, car ces articles, toujours faux, risquent de fatiguer le lecteur et même, petit à petit, de le hérisser contre un auteur. Par vanité encore moins. Il ne m'est pas désagréable de m'expliquer en présence d'un homme qui cherche à comprendre et dont l'opinion m'importe. Ce n'est pas le cas de quatre-vingt-dix-neuf pour cent des journalistes, surtout des rédacteurs de magazines. S'il s'agit d'un débutant, ou d'un free-lance pour qui cet article peut avoir de l'importance, il est certain que je me souviens de mes débuts et que je m'efforce de lui donner sa chance. Mais pour les autres, pleins de suffisance, qui croient tout savoir […] ? A chaque fois, j'ai pourtant un espoir. Celui de rectifier enfin les légendes, de détruire les mythes exaspérants, d'en finir avec les contre-vérités habituelles. Il n'en est rien. Je réponds aux questions, toujours les mêmes. Et je finis par m'écoeurer. […] Et si, comme les lecteurs de magazine, j'étais victime de la légende ? Si je m'étais mis à y croire à force de la lire, imprimée ?"  
On notera combien ces réflexions valent leur pesant d'ambigu. Comme le disait Pierre Assouline, Simenon est en partie responsable de la légende qui s'est créée autour de lui, et il n'a jamais tenté de lui échapper vraiment. Les innombrables interviews qu'il a données, si elles lui étaient peut-être une corvée, il ne s'y est pas soustrait. Et même, pour cette interview que nous mentionnions au début de ce billet, on peut se poser la question: en 1971, Simenon n'a plus rien à prouver, on sait qu'il est un grand romancier, qu'il a écrit des chefs-d'œuvre, et que la reconnaissance des instances littéraires est en marche… Alors pourquoi continuer à "s'exhiber", à se laisser photographier, à raconter une fois de plus comment il travaille ? Est-ce un besoin de se rassurer ? De se prouver quelque chose à lui-même ? A force d'expliciter le mécanisme de sa création, celui-ci ne va-t-il pas finir par se gripper ? A peine une année après cette interview, Simenon se met à nouveau à sa table de travail, et cette fois, le miracle ne jouera plus: il a beau empoigner ses outils, son enveloppe jaune, rien ne jaillit, impossible de se mettre dans la peau d'un autre… Le Simenon romancier va céder la place au mémorialiste, il ne va pas tarder à empoigner un micro, et, paradoxalement (mais est-ce si paradoxal que cela ?), il va continuer à donner des interviews, pour parler encore de son œuvre, et, encore plus qu'auparavant, de lui-même, comme si se raconter lui était devenu tout aussi indispensable pour exister… 

Murielle Wenger
Author: Maurizio Testa
Posted: October 25, 2016, 11:15 pm
Quel che rimaneva della villa che lo scrittore aveva progettato nel 1963

SIMENON SIMENON.. DANS LE BUNKER D' EPALINGES
Ce qui restait de la villa que l'écrivain avait dessineé en 1963
SIMENON SIMENON.. IN THE BUNKER OF EPALINGES
What remained of the house that the writer had designed in 1963

Queste foto, pubblicate ieri dalla stampa svizzera ci mostrano le utlime immagini del cosiddetto "bunker" d'Epalinges, la villa che Simenon fece costruire nel 1963 e che da ieri dovrebbe essere in demolizione. Le foto non hanno un valore in sè, ma ovviamente sono una testimonianza di un edificio in cui Georges Simenon visse circa dieci anni, un'abitazione che aveva progettato lui stesso per soddisfare le esigenze proprie e della propria famiglia. Ad oggi non si ha ancora conferma se i lavori di demolizione siano iniziati davvero. Ma la sorte di quello che vedete è ormai segnata e tra qualche giorno non ne dovrebbe rimanere più traccia.



Author: Maurizio Testa
Posted: October 25, 2016, 10:07 am
Some details about the latest Maigret translation for Anglophones. 

SIMENON SIMENON. “MAIGRET AU ‘PICRATT’S’” EST DISPONIBLE EN ANGLAIS MAINTENANT 
Des détails sur la dernière traduction de Maigret pour les anglophones
SIMENON SIMENON. "MAIGRET AU "PICRATT'S" E' ORA DISPONIBILE ANCHE IN INGLESE
Qualche indicazione sull'ultima traduzione  di Maigret per gli anglofoni

Penguin’s English translation of Simenon’s  Maigret au “Picratt’s” is now available through Amazon in the UK as Maigret at Picratt’s in both paperback and Kindle editions. The prices are £6.49 and £4.99 respectively. Here is the availability to Anglophones from other Amazon sources throughout the world in alphabetical order: NOW: Australia KindleBrazil Kindle; Germany paperback and Kindle; India Kindle; Italy paperback and Kindle; Japan Kindle; Mexico Kindle; Netherlands Kindle; Spain paperback and Kindle. May 30, 2017: Canada paperback and Kindle; 
China paperback; Japan paperback; Mexico paperback; USA paperback and Kindle. An audio version from Audible.com is not yet visible on the horizon. 
Maigret au “Picratt’s” originally appeared in 1951, but the English translation Maigret in Montmartre did not appear until 1954. Its translator was Daphne Woodward then, and now the translator is William Hobson. Be aware the ISBN-13 for this new edition is 978-0241240281
This work is the 64th in Simenon’s original order of publication and the 36th in Penguin’s modern series of translations. 
This book struck me being atypical for the Maigret series. Negative attitudes toward effeminacy and drug addiction are prominent whereas Chief Inspector Maigret characteristically prides himself on being nonjudgmental. The extent of his associate Lapointe’s involvement with the girl Arlette is also unusual. Not only that, Lapointe plays a more prominent and active role in the criminal pursuit than usual. Arlette also figures in Maigret et l’homme du banc. 

David P Simmons 
Author: Maurizio Testa
Posted: October 24, 2016, 11:47 pm
E' una notizia che gira dal 2012, e ora sembra sia arrivato il momento della demolizione 
SIMENON SIMENON. AUJOURD'HUI  C'EST LA FIN POUR LE "MONSTRE" D'EPALINGES ?
C'est une histoire dont on entend parler depuis 2012, et maintenant il semble que soit arrivé le moment de la démolition
SIMENON SIMENON. TODAY THE END FOR THE "MONSTER" OF  EPALINGES?
This is a story we hear about since 2012 and now it seems that the time of demolition has come






















La  prima notizia fu data quattro anni fa', nel 2012 e noi di Simenon-Simenon ne demmo subito conto ai nostri lettori. Poi non ne sapemmo più niente finché nell'aprile di due anni dopo, se ne tornò a parlare. Così scoprimmo che il bunker era ancora solidamente in piedi. Ora sembrava che la demolizione fosse proprio cosa imminente, come deciso dal consiglio comunale di Losanna. Poi più nulla, forse proprio per l'opposizione degli abitanti del luogo che si opponevano alla costruzione  (che per altro sembrava già acquisita già dal 2012) di altre abitazioni.
E il bunker era ancora lì, minaccioso e inselvatichito come il suo appellativo "mostro" può giustificare. 
Ora siamo alla svolta decisiva. Oggi le ruspe dovrebbero entrare in azione radere al suolo la grande villa che Simenon fece costruire nel 1963.
Ma sarà vero? Il "bunker" o il "mostro", come di volta in volta è stata chiamata questa costruzione, ha dimostrato di essere coriaceo e refrattario ad ogni minaccia, nonostante sia stato acquistato fin dal 2008 proprio per essere demolito. E invece ha passato il mezzo secolo e, almeno fino ad oggi, è ancora lì.  
Il mostro oggi tirerà fuori gli artigli per sopravvivere, o si arrenderà accettando di sparire per sempre...?
Qui di seguito, riportiamo degli estratti di due post di Simenon-Simenon e uno del quotidiano di Losanna Le Matin che annuncia come certo l'inizio della demolizione per oggi. (m.t.)   

14/11/2012 - ... "Simenon-Simenon" - la notizia è che sarà abbattuta. O per lo meno queste sono i progetti di chi ha acquistato, fin dal 2008 la villa, da tempo disabitata e poi occupata dai quelli che gli svizzeri chiamano gli splatter. L'acquirente è un italiano, l'uomo d'affari Luigi D'Amato che l'ha acquistata con il progetto di tirar su una serie di costruzioni a scopo abitativo. Un affare di 30 milioni di euro, escluso l'acquisto della villa e del terreno, e una sostanziale accettazione della popolazione e dell'aministrazione locale.
Alla notizia hanno dato un certo risalto le agenzie di stampa e la tv francesi, i quotidiani svizzeri e ovviamente internet, dove ha fatto subito il giro...

03/04/2014 - ... "Simenon-Simenon"ora è arrivato il momento della fine. L'edificio sarà abbattuto. La voce era già circolata e ne avevamo dato conto in un post del novembre del 2012 Addio al mostro di Epalinges? , ma adesso è il quotidiano belga La Libre che specifica che il consiglio comunale ha approvato l'abbattimento e la conseguente lottizzazione: dodici piccoli fabbricati di tre piani l'uno per in totale di circa settanta appartamenti al posto dell'ingombrante e ormai abbandonata abitazione dello scrittore... 

21/10/2016 - Losanna - "Le Matin" Le "bunker" de Simenon serait démoli dè lundi - ... La propriété a été vendue en 2008 à l'armateur italien Luigi D'Amato pour y réaliser de petits immeubles. La concrétisation du projet a pris du temps, en raison d'oppositions du voisinage. Le permis de construire a été délivré fin juillet et les travaux débutent lundi... douze immeubles de trois niveaux. Le nouvel ensemble comprendra 108 logements au total... 
Author: Maurizio Testa
Posted: October 24, 2016, 12:27 am
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SIMENON SIMENON. POURQUOI JULES S'APPELLE MAIGRET

L'apparition du nom du commissaire dans les œuvres de Simenon


SIMENON SIMENON. PERCHE JULES SI CHIAMA MAIGRET

L'apparizione del nome del commissario nelle opere di Simenon 
SIMENON SIMENON. WHY IS JULES CALLED MAIGRET

The emergence of the chief inspector's name in Simenon's works




Pourquoi Simenon a-t-il attribué à son commissaire le patronyme de "Maigret" ? Cela pourrait être simplement un nom qui lui serait venu sous la plume un peu par hasard, le nom de famille Maigret étant assez répandu en France. Ou alors, Simenon l'aurait utilisé par antiphrase: "maigre" étant le contraire de ce qu'exprime le physique du massif commissaire…

Les recherches simenoniennes proposent aussi d'autres pistes: ainsi, sur la façade de l'Hôtel de Ville de Liège, se trouve un mémorial aux policiers morts pour la patrie, et parmi les noms, on peut lire celui de Arnold Maigret, né en 1896, et mort en 1944 dans un camp après avoir été arrêté par les Allemands. Mais on ne sait pas si Simenon a pu le croiser, au temps où, comme journaliste à La Gazette de Liège, il "faisait les chiens écrasés". Une autre source d'inspiration serait un certain Paul Maigret, qui habitait au 21 de la place des Vosges dans les années 1920, et qui se trouvait donc être un voisin de Simenon, que celui-ci a connu, et avec qui il partageait des conversations sur les bateaux tout en promenant leurs chiens sur la place…

Mais sans doute y aurait-il d'autres indices à découvrir. Ainsi, dans le roman de Maurice Leblanc, L'aiguille creuse, qui raconte une aventure d'Arsène Lupin (dont on sait que Simenon le lisait, et qui lui a inspiré en partie le personnage d'Yves Jarry), on trouve au chapitre 1 la mention d'un chapelier de Dieppe, dont le nom est Maigret.

On sait aussi que la première mention de ce nom dans les œuvres de Simenon se trouve dans un roman sous pseudonyme, Une ombre dans la nuit, et que ce patronyme est porté par … un médecin. Et la première fois où le nom de Maigret est attribué à un policier, c'est dans le "proto-Maigret" Train de nuit, au chapitre 6 de la première partie, lorsque le commissaire Maigret est cité dans un article de journal. Mais ce roman ne fut publié qu'en septembre 1930, alors qu'un autre "proto-Maigret", La maison de l'inquiétude, avait déjà paru en feuilleton dans le journal L'Œuvre, quelques mois auparavant. Autrement dit, la première fois que les lecteurs purent lire les mots "commissaire Maigret", c'est en ouvrant leur journal le 1ermars 1930; le roman débute en effet ainsi: "L'événement en lui-même surprit à peine le commissaire Maigret."… Un beau début pour un personnage, et une belle prémonition, comme si Maigret ne pouvait pas ne pas naître, comme si sa venue au monde était en quelque sorte prévue par le destin. (by Simenon-Simenon)
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PERCHE' GINO CERVI EBBE TANTO SUCCESSO COME MAIGRET

Il segreto forse è proprio nell'ammirazione dell'attore verso il personaggio

SIMENON SIMENON. POURQUOI GINO CERVI EUT TANT DE SUCCÈS EN MAIGRET
Le secret est peut-être dans l'admiration de l'acteur envers son personnage
SIMENON SIMENON. WHY GINO CERVI HAD SO MUCH SUCCESS WITH HIS MAIGRET
The secret is perhaps in the actor’s admiration for his character





"... il fatto è che nella mia lunga carriera non mi sono innamorato mai di un personaggio come di questo. Io a Maigret voglio un bene dell'anima. Mi piace tutto di lui anche quello che mangia e quello che beve. Forse Maigret è oriundo emiliano..."
Una dichiarazione d'am"ore in piena regola. L'attore era davvero contento di impersonare il commissario simenoniano negli sceneggiati Rai ,non solo perché gli procurava una grande popolarità, ma perché sentiva una sorta di empatia con Maigret. Una certa stazza fisica, una bonarietà di fondo interrotta ogni tanto da arrabbiature memorabili, quel bofonchiare incomprensibile... insomma anche Simenon, che aveva nel cuore e nella testa il Maigret di Jean Gabin, affermò che quello dell'attore italiano si avvicinava molto al suo personaggio. E d'altronde Cervi aveva affrontato con entusiasmo quella parte-
"... me lo sono studiato tanto, ci ho lavorato tanto sopra; mi sono perfino ammalato. Se questo mio Maigret parlasse francese andrebbe a pennello -  spiegava Gino Cervi - ...mi sono rifatto anche al commissario Massu , che ho conosciuto a Parigi e che vie ormai in pensione...".
E quando un attore è così convinto della parte, e soprattutto un attore del calibro di Cervi, il successo è assicurato. (by Simenon-Simenon)
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L'ENIGME DE MAIGRET

Riddle No. 7 This time in English!When Maigret will retire, he'll live in his home at Meung-sur-Loire, and spend a good part of his time in gardening. Mme Maigret, besides simmering stews and cleaning the house, will look after hens and rabbits. There are also other animals that stroll in the house, like a cat, and another one. But which? And in which novel do we find it? It's up to you to seek! The answer next week in this magazine…


La solution de l'énigme no 6


Il s'agit d'Albert Rochain dans Maigret et son mort. Il est dit, au chapitre 3, que le "petit Albert", alors qu'il tentait d'échapper à ses poursuivants, est entré dans plusieurs bistrots, et qu'il y "a commandé une Suze-citron, comme s'il en avait l'habitude"; au chapitre 4, lorsque Maigret a découvert le café d'Albert, le commissaire sert une boisson à Lucas, et "comme s'il avait voulu s'identifier davantage au patron, il s'était servi une Suze
(by Simenon-Simenon)
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Author: Maurizio Testa
Posted: October 23, 2016, 12:36 am
Pourquoi Simenon revient avec Maigret en 1936 

SIMENON SIMENON. NOVE RACCONTI PER RINTRACCIARE MAIGRET 
Perché Simenon ritorna con Maigret nel 1936  
SIMENON SIMENON. NINE SHORT STORIES TO REJOIN MAIGRET 
Why Simenon comes back with Maigret in 1936 


Octobre 1936. Depuis deux ans, Simenon a tenu son serment de ne pas remettre Maigret en activité. Il a écrit un certain nombre de "romans durs" pour Gallimard, mais il n'a plus touché au genre policier. Pourtant, son nouvel éditeur lui a déjà fait quelques appels du pied pour que son commissaire revienne à la vie: en effet Gallimard sait très bien que les romans avec Maigret atteignent des chiffres de vente supérieurs à ceux des autres œuvres de Simenon. Mais pour le moment, le romancier se refuse à ce qu'il estime être un retour en arrière dans sa progression littéraire, et il n'est pas question d'écrire un roman mettant en scène son héros à la pipe. 
Quand le journal Paris-Soir lui demande sa collaboration à un concours pour les lecteurs, où il s'agit de proposer des nouvelles policières en deux partiesune intrigue et un dénouement, il accepte cependant. Mais pourquoi Simenon n'écrit-il pas alors "simplement" des énigmes dans lesquelles interviendrait un quelconque enquêteur ? On sait qu'il l'a déjà fait naguère, et il pourrait très bien inventer un nouveau personnage de détective… Mais non: il choisit de revenir à Maigret… A quel sentiment inconscient obéit-il ? Une certaine nostalgie et un certain remords d'avoir laissé tomber ce personnage à qui il doit une bonne partie de son succès ? Difficile de le savoir…  
A  moins qu'il n'ait déjà en vue une éventuelle publication d'un recueil de ces textes chez Gallimard. Il est vrai que l'argument financier a sans doute joué un rôle, mais celui-ci a dû intervenir plus tard, probablement en 1938, quand Simenon a eu besoin d'argent après l'achat de sa maison de Nieul. Mais cela semble peu vraisemblable qu'en 1936, il ait déjà de tels soucis, alors qu'il rédige ces nouvelles dans son cossu appartement de Neuilly… 
Il semble donc que ce ne soit pas la nécessité qui le pousse à reprendre son personnage. Il a terminé en août 1936 Le testament Donadieu, il commencera en décembre Les rescapés du Télémaque, qu'est-ce qui l'empêcherait de ne rien écrire entre les deux, ou, si l'écriture lui est un besoin, de rédiger un autre roman, voire des nouvelles, sans mettre forcément en scène ce Maigret qu'il s'était juré d'abandonner dans sa maison de campagne, le laissant jardiner et pêcher tout à loisir ? Il faut bien en venir à se dire que Simenon s'est rendu compte qu'il était plus attaché qu'il ne croyait à son personnage.  
Mais comme il n'est pas encore prêt pour une narration de longue haleine de ses enquêtes, pour le moment, il en restera à la forme de la nouvelle (et cela tombe bien puisque c'est justement ce que Paris-Soir lui demande…), et il va donc mettre en scène son héros dans neuf textes. Le premierLa péniche aux deux pendus, conduit Maigret hors de Paris, mais dans une atmosphère qui doit lui rappeler quelque chosecelle des écluses et des canaux, noyés dans le froid humide de novembre… Dans le deuxième, on retrouve une autre ambiance bien connue, celle de l'interrogatoire dans le bureau enfumé de Maigret, qui doit résoudre L'affaire du boulevard BeaumarchaisLe troisième est une enquête dans le genre "meurtre en chambre close", avec La fenêtre ouverte, où Maigret, pour une fois, tient beaucoup compte des indices matériels. Le quatrième, Monsieur Lundi, nous mène à Neuilly pour une sombre histoire de gâteaux empoisonnés. Le cinquième, Jeumont, 51 minutes d'arrêt !, nous montre Maigret venant à la rescousse de son neveu. Le sixième, Peine de mort, nous présente un aperçu de la "méthode" de Maigret, lorsqu'il s'attache à poursuivre un suspect jusqu'à l'écoeurement de celui-ci, le poussant à commettre la faute qui le trahira. Le septième, Les larmes de bougie, nous entraîne dans la lointaine campagne française, tandis que le huitième, Rue Pigallenous fait retrouver un endroit caractéristique du champ d'action du commissaire. Enfin, le neuvième, Une erreur de Maigret, nous présente Maigret dans une attitude plutôt rare chez lui, manifestant sa mauvaise humeur en frappant un suspect. Ces nouvelles reprennent des thèmes déjà évoqués dans les romans de la période Fayard, mais ils sont aussi une ébauche de thèmes qu'on retrouvera dans les romans à venir.  
Un peu comme si Simenon s'amusait à faire quelques gammes, à retrouver son personnage par petites touches, à essayer de nouvelles formules, comme s'il cherchait un nouvel élan et une nouvelle inspiration pour se mettre à écrire à nouveau des romans Maigret. Mais ce n'est pas pour tout de suite: il aura encore besoin d'une deuxième série de nouvelles, écrites pendant l'hiver 1937-38, et plus longues que celles-ci, pour ajuster sa relation à son personnage. En décembre 1939, il écrira le premier de six nouveaux romans Maigret, et c'est Gallimard qui allait être content: enfin, le commissaire faisait son entrée dans sa maison d'édition… 

Murielle Wenger
Author: Maurizio Testa
Posted: October 21, 2016, 11:12 pm
Patti e condizioni di un divorzio che lasciò un legame tra lo scrittore e la sua prima moglie

SIMENON SIMENON. GEORGES ET TIGY, UN DIVORCE... "CONTRÔLÉ"
Pactes et conditions d'un divorce qui laissait un lien entre l'écrivain et sa première femme
SIMENON SIMENON. GEORGES AND TIGY, A “CONTROLLED” DIVORCE
Pacts and conditions in the divorce that kept a bond between the writer and his first wife


"E' un ultimatum". Così ricorda Tigy, quello che Georges le disse, dal momento che lui voleva divorziare: lei doveva trovarsi un avvocato. In realtà, le condizioni erano già state stabilite dall'avvocato newyorkese di Georges e il legale di lei doveva solo ratificare un accordo già stabilito. 

Ormai erano anni che il loro matrimonio era finito. Rimasti sotto lo stesso tetto solo per il bene del figlio Marc, dall'ingresso di Denyse nella vita di Georges , la situazione si era inevitabilmente chiarificata. 
Le condizioni del loro accordo tenevano conto del fatto che Georges non voleva rinunciare a vedere Marc, lo voleva quotidianamente a portata di mano.
Il bambino veniva affidato quindi alla mamma a condizione però che i due abitassero a non più di tre miglia dal padre ed ex-marito. E questo significava seguire passo passo i vagabondaggi dello scrittore che ormai viveva con Denyse e il figlio John. 
Dal punto di vista economico Tigy ottenne anche un sostanzioso assegno di mantenimento, una buona assicurazione e la casa di Nieul-sur mer. 
Nel 1950 va in scena l'ufficializzazione di una situazione di fatto. Madame Simenon è ormai Denyse. E' il 21 giugno e a Reno (Texas) Georges divorzia da Tigy e il giorno successivo sposa Denyse.
Dopo un mese la destinazione è Lakeville nel Connecticut. Georges, Denyse et John, si sistemano in quella che per cinque anni sarà la loro casa "Shadow Rock Farm". Tigy, Marc e Boule trovano un appartamento in affitto a Lime Rock ad un primo piano. La casa viene arredata e come ricorda Tigy "...bisogna pensare ai mobili che dalla Francia sono arrivati prima in Arizona, ora in California e alcuni dei quali un giorno ripartiranno per la Francia..." 
Inizia un nuovo ciclo, a settembre Marc inizia a frequentare la l'Indian Mountain School mentre Boule ritorna a casa dello scrittore.
E' una tappa fondamentale per Georges che, se da una parte inizia una seconda vita con la donna che lo appassiona, che lo fà felice sessualmente e che gli darà ben tre figli, dall'altra non chiude mai la porta alla sua prima famiglia. Sarà pieno di attenzioni nei confronti di Marc, e con il passare del tempo anche il rapporto con Tigy andrà migliorando. Soprattutto quando, tornati in Francia, la crisi con una Denyse peggiora, con lei sempre più schiava dell'alcol, ma soprattutto sempre più lontana dal suo equilibrio mentale. Tigy costituirà un punto fermo per tutta la famiglia, anche per i figli di Denyse e una fonte di conforto per lo stesso Georges. (m.t.)
Author: Maurizio Testa
Posted: October 20, 2016, 11:51 pm